Module 2: Les 100 derniers jours de la guerre

Une journée dans la vie d’un soldat

La guerre sur le front ouest était faite dans les tranchées – des fossés longs, étroits, profonds et boueux. L’infanterie canadienne effectuait des rotations entre l’intérieur et l’extérieur des tranchées, étant donné que c’était l’endroit le plus dangereux au monde où l’on pouvait se trouver, en plus d’être incroyablement inconfortable. Les soldats vivaient avec de la vermine comme des rats, des puces, des vers et des mouches, ce qui présentait un risque sérieux pour la santé. Les tranchées étaient aussi constamment à la merci de la météo. Voici ce à quoi ressemblait une journée typique pour les soldats.

Un survol des uniformes

Chaque soldat transportait avec lui un minimum de 60 livres d’équipement. En plus de tout cela, le poids de la boue accumulée sur les uniformes ajoutait un autre 60 livres.

Les soldats du Corps expéditionnaire canadien portaient tous le même uniforme kaki fait en laine épaisse. Porter des couleurs sobres était une bonne façon de se camoufler sur le champ de bataille.

Les uniformes des officiers comme celui-ci étaient légèrement différents de ceux portés par les soldats. Les officiers portaient une chemise et une cravate sous une veste à col ouvert. Les pantalons n’avaient pas une coupe droite. Ils étaient plus larges autour des cuisses et plus serrés au niveau des mollets. Les officiers étaient aussi autorisés à avoir certains objets sur eux, comme un sifflet, une caméra ou un pistolet.

Qu’est-ce qu’un officier?

Un officier a un large éventail de responsabilités, telles que préparer les plans et être en charge de l’exécution des opérations et activités quotidiennes. Les officiers sont aux commandes, donc ils donnent des ordres et guident les soldats dans l’atteinte des objectifs.

Deux membres du 22e Bataillon reçoivent la Croix de Victoria

Caporal Joseph Kaeble

Né le 5 mai 1892, Joseph Kaeble s’enrôle dans le 189e Bataillon le 20 mars 1916. Le 13 novembre 1916, lors des préparatifs pour l’attaque de la Crête de Vimy (France), il est transféré au 22e Bataillon.

Le 16 septembre 1918, le gouvernement lui décerne, à titre posthume, la Croix de Victoria.

Lieutenant Jean Brillant

Né le 15 mars 1890, Jean Brillant fait d’abord des études au Collège Saint-Joseph de Memramcook (Nouveau-Brunswick), qu’il termine ensuite au Séminaire de Rimouski.

Il s’enrôle dans le 189e Bataillon le 11 janvier 1916.

Il s’est comporté en véritable héros durant la bataille qui a eu lieu à l’ouest de Neuville-Vitasse (France), dans la nuit du 8 au 9 juin 1918. À cette occasion, il fit preuve de zèle dans l’accomplissement de son devoir, alors qu’il commandait une section de mitrailleuses dans la première ligne de tranchées et sur laquelle fut tenté un puissant raid par l’ennemi. Tous les hommes de sa section ayant été blessés, le caporal Kaeble bondit hors de la tranchée et fonça tout droit sur l’ennemi en vidant tous les chargeurs de sa mitraillette. Blessé à plusieurs reprises par des tirs ennemis, il tomba à la renverse dans la tranchée, mais continua néanmoins de faire feu sur les attaquants jusqu’à ce qu’il s’évanouisse. Ses derniers mots furent : « Tenez bon les gars! Ne les laissez pas passer! Il faut les arrêter! » Grièvement blessé aux jambes, aux bras, au cou et à la main gauche par des éclats d’obus, il succomba à ses blessures le lendemain, 9 juin 1918.

Le 27 octobre 1916, il se dirige vers la France et rejoint le 22e Bataillon (canadien-français), cantonné dans le nord-est du pays.

Durant les affrontements à Amiens (France), il est blessé au bras gauche alors qu’il élimine à lui seul deux mitrailleurs. Refusant d’être évacué, il poursuit le combat le 9 août 1918, en dirigeant cette fois deux pelotons lors d’un terrible combat à la baïonnette et à la grenade. Avec l’aide de ses hommes, il capture 15 mitrailleuses et fait 150 prisonniers. Blessé à la tête, il refuse toujours d’être évacué. Le lendemain, pendant qu’il mène une attaque contre un canon qui s’acharne sur son unité, il est grièvement atteint à l’abdomen par des éclats d’obus. Le 10 août, le lieutenant Brillant succombe à ses blessures, à l’âge de 28 ans. Son corps est inhumé au cimetière militaire de Villers-Bretonneux, situé à 15 km à l’est d’Amiens. Pour sa bravoure exceptionnelle et son zèle infatigable dans l’accomplissement de son devoir, il se voit octroyer la Croix de Victoria à titre posthume, la plus haute distinction du Commonwealth.

Les 100 derniers jours? Plutôt 96.

 

Entre le 8 août 1918 et le 11 novembre 1918, les forces alliées ont mené une série d’attaques victorieuses sur le front de l’ouest. Le Corps expéditionnaire canadien a grandement contribué à ce dernier effort et l’événement a été surnommé « les 100 derniers jours de la guerre ».

Les troupes allemandes ont été repoussées d’Amiens, en France, jusqu’à Mons, en Belgique, en moins de 100 jours grâce à une force d’infanterie rapide supportée par des chars d’assaut, des avions et une artillerie bien coordonnée. Les troupes allemandes ont battu en retraite, incapables de riposter et leur moral s’est progressivement empiré.

Le 11 novembre, à 11h00, l’armistice est signé et les combats ont cessé. Il a fallu six mois avant de finir les négociations pour le traité de paix. Le traité de Versailles a été signé le 28 juin 1919.

Un survol des médailles de la Grande Guerre

Pratiquement tous les pays ont un système formel pour honorer leurs citoyens, et la plupart ont aussi des honneurs spécialement réservés aux membres de leurs forces armées. Le système d’honneur canadien s’appelle l’Ordre du Canada, dans lequel des insignes spécifiques sont attribués pour récompenser le service militaire et des actes de bravoure.

Ressources supplémentaires

Documentation

Chronologie des Événements – Encyclopédie canadienne
https://encyclopediecanadienne.ca/fr/chronologies_historiques/first-world-war-timeline/

Première Guerre mondiale – Bibliothèque et Archives Canada
http://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/patrimoine-militaire/premiere-guerre-mondiale/Pages/introduction.aspx

Documents audiovisuels

Courte animation de l’ONF de Claude Cloutier : La tranchée, 6 min 55 s.
https://www.onf.ca/film/la_tranchee/

Court documentaire de l’ONF : Entre les lignes – Les tranchées, 9 min 45 s.
https://www.onf.ca/film/entre-les-lignes-les-tranches/

Pour faire vos recherches

Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale – Gouvernement du Canada
http://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/patrimoine-militaire/premiere-guerre-mondiale/dossiers-personnel/Pages/Recherche.aspx

Les Livres du Souvenir – Anciens Combattants Canada
http://www.veterans.gc.ca/fra/remembrance/memorials/books/search

Registres de circonstances du décès – Première guerre mondiale – Bibliothèque et Archives Canada
https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/archives-numerisees-grande-echelle/registres-circonstances-deces/Pages/registres-circonstances-deces.aspx#d

Première Guerre mondiale – Bibliothèque et Archives Canada
http://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/patrimoine-militaire/premiere-guerre-mondiale/Pages/introduction.aspx

Commonwealth War Graves Commission (en anglais seulement)
https://www.cwgc.org/

Médailles, honneurs et récompenses militaires, 1812-1969 – Bibliothèque et Archives Canada
http://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/patrimoine-militaire/medailles-militaires-1812-1969/Pages/Recherche.aspx
et
http://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/patrimoine-militaire/medailles-militaires-1812-1969/Pages/medailles-honneurs-recompenses.aspx