De la fin de la guerre à Versailles

Début 1918 : L’échec de l’offensive printanière allemande

Après la chute du tsar, le gouvernement bolchevique russe signe un traité de paix mettant fin à la guerre sur le front de l’Est, permettant aux Allemands de transférer un million d’hommes aux combats en France et en Flandre.

Tentant de gagner la guerre avant que les Américains n’arrivent en force, l’Allemagne lance une série d’attaques qui voient les avancées les plus importantes sur le front occidental de chaque côté depuis 1914. La panique initiale fait place à une ferme résolution et à des contre-attaques alliées. L’Allemagne n’est pas en mesure de ravitailler ses troupes qui avancent, et celles-ci commencent à mourir de faim dans certains cas. Epuisés, exposés et incapables de remplacer leurs pertes, les Allemands ont joué et perdu. Les Canadiens n’ont pas participé aux combats, tenant la ligne ailleurs.

Les forces alliées (françaises, américaines et britanniques) développent la première utilisation d’armes combinées (chars, artillerie, avions et infanterie) et récupèrent rapidement la plupart des territoires perdus lors de l’offensive allemande du printemps.

 

 

Les Américains se joignent à la guerre le 6 avril 1917. En réponse au naufrage de navires américains par les Allemands, les États-Unis se joignent aux Alliés. Cela fait pencher la balance en faveur des Alliés lorsque 10 000 hommes par jour commencent à arriver des États-Unis au début de 1918.

 

 

 

Avec l’augmentation des pertes à l’étranger, le Premier ministre Sir Robert Borden fait pression pour la conscription afin de compenser le manque de recrus nécessaires pour remplir les rangs du Corps expéditionnaire canadien. Pendant un an, un débat houleux fait rage dans tout le Canada, forçant la tenue d’élections, déclenchant des émeutes et permettant enfin aux femmes canadiennes d’obtenir le droit de vote.

 

Les 100 derniers jours? Plutôt 96.

 

Entre le 8 août 1918 et le 11 novembre 1918, les forces alliées ont mené une série d’attaques victorieuses sur le front de l’ouest. Le Corps expéditionnaire canadien a grandement contribué à ce dernier effort et l’événement a été surnommé « les 100 derniers jours de la guerre ».

Les troupes allemandes ont été repoussées d’Amiens, en France, jusqu’à Mons, en Belgique, en moins de 100 jours grâce à une force d’infanterie rapide supportée par des chars d’assaut, des avions et une artillerie bien coordonnée. Les troupes allemandes ont battu en retraite, incapables de riposter et leur moral s’est progressivement empiré.

LA BATAILLE D’AMIENS

LE DÉBUT DE LA FIN, AOÛT 1918

La bataille d’Amiens, du 8 au 11 août, a été un assaut surprise réussi mené par les Canadiens et les Australiens en tant que « troupes-choc ». Cette bataille, aussi connue comme « le jour noir de l’armée allemande », marque le début de la fin pour les troupes allemandes.
Le 8 août 1918, le 22e bataillon participe à la prise de cette ville par le corps canadien. En fait, il s’agit de regagner le terrain perdu au printemps par l’armée britannique. Dans le cadre de cet objectif global, la mission initiale du bataillon consiste à dégager les villages entourant Amiens. Le 22e dispose pour cette offensive de sept chars d’assaut. Ceci doit être le début de la grande offensive qui mettra fin à la guerre.

1 036 Canadiens sont tués
2 803 Canadiens sont blessés
29 sont faits prisonniers
19000 soldats alliés sont tués ou blessés
26 000 Allemands sont tués au combat.
Au cours de cette bataille, le 22e Bataillon perd 7 officiers et environ 260 hommes.

LIGNE DROCOURT-QUÉANT

26 AOÛT AU 3 SEPTEMBRE 1918

Lors de la deuxième bataille d’Arras, les Alliés poursuivent leur avance rapide, perçant les défenses extérieures du plus formidable système défensif de l’armée allemande, la ligne Hindenburg. La ligne Hindenburg était une série de fortifications construites durant l’hiver 1916 avec du béton, de l’acier et des barbelés – des défenses s’étendant sur plusieurs kilomètres d’avant en arrière. Les Allemands ne pensaient pas qu’elle pouvait être brisée.

La percée de la ligne Drocourt-Quéant lors de la deuxième bataille d’Arras a été une étape importante vers la rupture de la ligne Hindenburg, la défense la plus importante des troupes allemandes.

CANAL DU NORD

27 SEPTEMBRE AU 2 OCTOBRE 1918

Les Alliés organisent une attaque simultanée sur la ligne Hindenburg à la fin du mois de septembre 1918. La bataille du Canal du Nord est l’une des quatre attaques et est dirigée par les Canadiens.

Le général Currie, commandant de l’armée canadienne, conçoit un plan audacieux pour percer les positions défensives allemandes sur la ligne Hindenburg. Au Canal du Nord, l’ensemble du Corps expéditionnaire canadien, composé de 100 000 hommes, traverse une brèche d’à peine un kilomètre de large et prennent de court les Allemands.

L’ARMISTICE ET LA FIN DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

11 NOVEMBRE 1918

D’octobre au 11 novembre, les Canadiens et les autres troupes alliées avancent régulièrement, libérant la Belgique ville par ville. Les Allemands doivent se rendre.

Dans les derniers jours de la guerre, les troupes canadiennes libèrent Mons, en Belgique, une ville d’une importance symbolique car elle avait été perdue par les Britanniques au début de la guerre en 1914.

L’armistice est signé le 11 novembre 1918 et à 11 heures ce matin-là, les combats cessent. Il faut encore six mois pour négocier le Traité de Versailles, qui est signé le 28 juin 1919. L’implication du Canada vaut au pays une signature séparée sur le Traité de paix de Versailles, signifiant l’atteinte du statut de nation.

La participation canadienne

619,636 hommes ont servi dans le Corps expéditionnaire canadien, dont 424,589 qui se sont redus outremer.
172,950 ont été blessés
3,842 faits prisonniers
66,665 sont morts au combat

Le Royal 22e Régiment

À la fin de la guerre, parmi les 5 919 hommes qui ont porté l’insigne du 22 e Bataillon, on compte 67% de pertes et plus de 2 887 blessés graves.

Dans le monde

9 millions de morts chez les hommes en uniforme
13 millions de civils tués
TOTAL: Plus de 20 millions de décès
(La population du Canada aujourd’hui est de 34 millions! En 1914, elle n’était que de 8 millions)

Aperçu des médailles de la PGM

Plusieurs médailles sont décernées aux héros de guerre lors de ce conflit. Découvrez-en quelques-une!

L'étoile de 1914-1915

Critères: Cette médaille était attribuée au personnel en service outremer dès le commencement de la Grande Guerre. Elle a été donnée à ceux qui se sont enrôlés entre août 1914 et décembre 1915.

Apparence: La médaille est une étoile à quatre pointes en bronze avec une couronne des Tudor sur la pointe supérieure. Au centre, une paire d'épées se croisent sous une couronne de laurier. Sur un ruban au centre, il est inscrit "1914-1915".

Cette médaille a été remise à 71 150 Canadiens.

La médaille de la victoire

Critères: Cette médaille a été crée pour célébrer la fin de la Première Guerre mondiale et la victoire des Alliés sur les Pouvoirs centraux. Elle a été remise à tous ceux ayant servi dans un théâtre de guerre entre le 5 août 1914 et le 11 novembre 1918.

Apparence: La légende veut que le concept de cette médaille provienne du Maréchal Foch, le commandant des forces alliées. Une figure ailée tient une branche symbolisant la paix entre les nations sur cette médaille de bronze de forme circulaire. L'endos porte l'inscription "La Grande Guerre pour la civilisation".

Cette médaille a été remise à 351 289 Canadiens.

La médaille de guerre britannique

Critère: Créée par le Roi George V pour souligner l'effort de guerre des Forces de Sa Majesté et la fin victorieuse de la guerre, cette médaille a été remise à tous les Canadiens qui ont servi pendant la Première Guerre mondiale.

Apparence: La médaille est en argent et est de forme circulaire. On peut y voir un portrait sans couronne du Roi George V et, à l'endos, un portrait de Saint George, le saint-patron de l'Angleterre, à cheval et tenant une épée.

Cette médaille a été remise à 427 993 Canadiens.

Un siège à la table

Bien qu’un accord de cessez-le-feu est conclu en novembre 1918, la Première Guerre mondiale prend officiellement fin avec la signature du Traité de Versailles, le 28 juin 1919. À l’image d’une véritable « guerre mondiale », 32 pays sont conviés à discuter des conditions de paix et à conclure un accord, même si les puissances alliées, qui ont mené le combat et défait les puissances centrales, ont un point de vue différent sur le sujet.

Le Canada, qui a fait ses preuves pendant la Première Guerre mondiale, prend enfin le contrôle de ses affaires externes, que ce soit de son engagement envers la politique étrangère de la Grande-Bretagne ou de ses décisions d’entrer en guerre.

Quel dirigeant es-tu?

Nouvelles frontières de l’ancien monde

Comme la guerre tire à sa fin, les frontières de plusieurs nations sont modifiées. Les empires ont disparu pour faire place à davantage d’États-nations. Plusieurs d’entre eux ont gagné du territoire et le paysage politique instable engendré par la guerre déclenche des révolutions et des déclarations d’indépendance dans certaines parties de l’Europe.