44 MOIS EN ENFER

Les Canadiens sont emprisonnés durant 44 mois. À Hong Kong, ils sont d’abord détenus au camp de North Point, avant d’être transférés, au courant de l’année 1942, au camp de Sham Shui Po. La même année, le gouvernement japonais organise plusieurs transferts de prisonniers vers l’archipel. Là-bas, de nombreux Canadiens sont forcés de travailler dans des chantiers pour soutenir l’effort de guerre japonais.

Prisonniers de guerre canadiens et américains, camp Tokyo 5B, Niigata, Japon (source : Collection d'archives George-Metcalf, Musée canadien de la guerre, 19960007-012).
Une photo aérienne du camp de North Point, à Hong Kong (source : David Bellis, Gwulo.com).

Nourriture, maladies et la Croix-Rouge

Dans tous les camps, que ce soit à Hong Kong ou au Japon, les conditions de vie sont pitoyables. Les camps sont surpeuplés et les vêtements, la literie et les services sont insuffisants. Les Canadiens, par exemple, sont gravement sous-alimentés, consommant en moyenne moins de la moitié de la nourriture dont ils avaient besoin. La nourriture est aussi de piètre qualité – du riz dégoûtant, rempli de vers, avec parfois des légumes bouillis et une petite ration de viande ou de poisson.

Tant au Japon qu’à Hong Kong, les prisonniers font face à un climat rigoureux qui les expose à différentes maladies. Les hommes vivent parmi les parasites, les mouches, les rats et les serpents. La sous-alimentation fait aussi des ravages alors que plusieurs hommes en tombent malades.

Il est difficile d’approvisionner les camps. La Croix-Rouge réussit cependant à envoyer quelques colis qui contiennent de la nourriture, des vêtements propres et des produits hygiéniques. En revanche, les envois sont très inégaux et ce n’est pas tous les prisonniers qui en bénéficient — certains ne reçoivent rien durant la guerre.

Les abus

Quatre contingents de Canadiens sont transférés au Japon, le premier survient le 19 janvier 1943. Les voyages sont effroyables : les prisonniers sont entassés comme des sardines dans les cales. Plusieurs hommes souffrent de la malaria, de la diarrhée et de la dysenterie durant ces transferts. De plus, aucun moyen de se laver n’est disponible durant ces voyages, qui durent plusieurs jours.

À leur arrivée au Japon, les prisonniers sont envoyés dans différents camps où des travaux lourds doivent être effectués — dans des mines ou des usines ou sur des quais. À Hong Kong, plusieurs Canadiens sont aussi chargés de la reconstruction de l’aéroport de Kai Tak. Dans tous les camps, le travail est dangereux : les hommes sont très faibles, en raison de la sous-alimentation, et ils ont peu d’équipement ou d’outils pour faciliter leurs tâches. De fait, plusieurs accidents graves surviennent.

Les gardes frappent fréquemment les prisonniers avec leurs armes ou les giflent. Plusieurs Canadiens témoignent aussi avoir été humiliés et torturés dans les camps. Dans les cas les plus extrêmes, les gardes exécutent aussi certains prisonniers après de graves transgressions. En retour, le sabotage est chose courante pour résister. L’acte de sabotage le plus important survient le 20 janvier 1944, lorsque le sergent-chef Charles Clark et le soldat Kenneth Cameron déclenchent un incendie qui paralyse entièrement le chantier naval du camp Tokyo 3D. En conséquence, la production de navires de guerre est réduite de 60 %.

Entrée de la mine de charbon du camp Sendai (source : Hong Kong Veteran Commemorative Association).
DES CHANCES IMPOSSIBLES
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