L’« audace galloise » (le Welsh dash), qui renvoie au fait d’être courageux et brave, est une vertu très prisée par les Royal Welch Fusiliers, le plus ancien régiment d’infanterie du Pays de Galles. Le capitaine Edward Bell, décoré de la Croix de Victoria, en donne un exemple remarquable.
Durant la guerre de Crimée, Bell s’illustre par la saisie d’un lourd canon russe : il se précipite au front, sans se soucier de sa propre sécurité, puis pointe son revolver vide vers la tête du canonnier, ce qui pousse ce dernier à descendre de son cheval et à s’enfuir. Bell est un des premiers membres de son régiment à recevoir la Croix de Victoria pour son acte de bravoure. Le canon saisi est encore aujourd’hui exposé au musée du régiment, situé au château de Caernarfon, dans les Galles du Nord. Près d’un siècle plus tard, l’« audace galloise » est incarnée par un autre homme : un ouvrier agricole du Manitoba.
Le programme CANLOAN
En 1942 et en 1943, l’armée britannique est en crise. Prendre part à une guerre internationale qui implique des combats contre les puissances de l’Axe sur plusieurs fronts pousse les armées au-delà de leurs limites. À cela s’ajoute l’expansion de l’armée britannique dans la perspective d’une invasion prévue du nord-ouest de l’Europe. Or, l’armée manque d’officiers subalternes pour répondre à la demande. Le Canada, lui, a le problème opposé : à cette époque, l’Armée canadienne affiche un surplus d’officiers, en partie en raison de la dissolution des deux divisions de la défense intérieure. En réponse au besoin des Britanniques, le programme CANLOAN est mis en place à l’automne 1943. Les soldats canadiens de l’infanterie peuvent se porter volontaires pour servir les régiments britanniques. Au total, 673 Canadiens donnent leur nom. Ces officiers sont considérés britanniques pour tous les aspects, sauf le salaire, et se voient attribuer un numéro de série à trois chiffres commençant par CDN.
À droite : Dépliant de recrutement promettant une intégration rapide à l’Armée britannique sur lequel figure le portrait de Bernard Montgomery (source : University of Western Ontario).

James Murray Suttie
James Murray Suttie est considéré comme un vrai jeune Canadien de l’Ouest de la meilleure trempe et un excellent officier de l’armée britannique. Il naît le 12 octobre 1916 à Wellwood, au Manitoba. Ses parents, John Duncan Suttie et Elizabeth Suttie, sont deux fermiers protestants de descendance écossaise. Suttie, en tant que membre de L’Église Unie du Canada et de l’Ordre d’Orange, adopte les traditions protestantes de ses parents. À 16 ans, il termine sa onzième année, puis quitte l’école pour suivre une formation d’un an en dactylographie, en sténographie et en comptabilité. Suttie ayant un mode de vie très actif, il réalise que le travail de bureau ne lui convient pas. En 1933, il retourne donc sur la ferme de 1 200 acres de son père, dans la campagne manitobaine, où il retrouve sa famille (ses parents et ses trois jeunes frères : William, John et Charles). Il se consacre à l’agriculture, à la lutte, à la pêche et à la chasse. Les échecs, le hockey sur glace, le baseball, la collection de badges militaires ainsi que la lecture d’histoires, de biographies et de romans historiques occupent également son temps. En 1937, en raison de l’expansion de la ferme familiale, il hérite de responsabilités supplémentaires puisqu’il devient le comptable de la ferme, ce qui implique souvent un trajet de 192 kilomètres vers l’est, en direction de Winnipeg. C’est là que, le 5 janvier 1940, Suttie, alors âgé de 24 ans, s’enrôle au sein du Princess Patricia’s Light Infantry.
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Article rédigé par Dylan Gash et traduit par Geneviève Siino pour Honouring Bravery.

