Kushoo Thoms, aussi connu sous le nom de Kushoo Thomas, est né en 1893 à Ourmia, dans le nord de la Perse (aujourd’hui l’Iran). Bien que l’on ne connaisse pas la date exacte de son arrivée au Canada, on estime qu’il s’y est établi vers 1913. Il s’est ensuite installé à Fort William, que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de Thunder Bay, où il a travaillé comme manœuvre dans un élévateur à grains de la minoterie Ogilvie.
Les raisons qui l’ont poussé à immigrer demeurent inconnues. Toutefois, comme il était Assyrien, il est possible qu’il ait quitté Ourmia pour fuir les persécutions ethniques et religieuses. Le début du XXe siècle a été une période sombre pour les Assyriens de l’Empire ottoman et des régions avoisinantes de la Perse. L’essor du mouvement des Jeunes-Turcs et du nationalisme turc a engendré une montée du sentiment antichrétien et des violences visant ces communautés. Au début de la Première Guerre mondiale, le génocide assyrien (connu sous le nom de Sayfo) était déjà en cours. Des centaines de milliers d’Assyriens ont été tués ou déplacés par les forces ottomanes. Même si Ourmia se trouvait au-delà des frontières de l’Empire ottoman, les Assyriens de cette ville ainsi que d’autres communautés assyriennes de la frontière perse ont eux aussi été pris pour cibles lors du Sayfo.

Thoms était alors au Canada, à l’abri des violences ethniques qui avaient lieu dans son pays d’origine, mais sa famille immédiate était restée à Ourmia. Après la révolution russe de 1917, l’armée russe, qui occupait la Perse depuis 1909, a été contrainte de quitter le pays. Le vide de pouvoir qui s’en est suivi a entraîné une recrudescence des violences, puis l’invasion d’Ourmia par les forces ottomanes en juillet 1918. Les nouvelles qu’il recevait de Perse l’ont sans doute profondément bouleversé. Même s’il n’était pas un sujet britannique, il a choisi de s’enrôler volontairement le 27 juin 1918 à Port Arthur, en Ontario, au sein de la compagnie H du 1er bataillon de dépôt du Régiment du Manitoba.
Il n’existe aucune photo où l’on peut identifier Thoms, mais son dossier de service militaire nous fournit quelques renseignements sur son apparence. Il mesurait 5 pieds 4,5 pouces et pesait 144 livres. Il avait le teint foncé, les yeux bruns et portait une cicatrice d’appendicectomie datant de 1916. D’autres documents de son dossier indiquent d’ailleurs qu’il avait de petits tatouages sur trois des doigts de sa main droite, bien que cela n’ait pas été mentionné lors de son examen médical d’enrôlement. Il s’agissait probablement de rushma, des tatouages traditionnels pratiqués dans certaines communautés assyriennes de l’époque.

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Article rédigé par Anthony Badame et traduit par Melissa Santos pour Honouring Bravery.

