John K. Lawson – Le commandant de la Force C

Après une carrière illustre durant la Première Guerre mondiale, Lawson se démarqua comme un homme ambitieux voulant servir son pays.

Natif de la Grande-Bretagne, John K. Lawson est né le 27 décembre 1886. Il émigre à Edmonton en 1914 et s’enrôle dans l’armée canadienne peu de temps après, au déclenchement de la Première Guerre mondiale (1914-1918). Étant l’un des premiers à se porter volontaire pour la guerre, le soldat Lawson est rapidement envoyé en Angleterre. Comme le note l’historien Tyler Wentzell, Lawson se fait remarquer là-bas pour sa discipline : son dossier n’a aucune mention négative.

Ce professionnalisme lui valut plusieurs promotions en peu de temps : passant de soldat à caporal en quelques mois. D’ici le 15 février 1915, Lawson est envoyé en France où il est attaché aux premières unités mobiles. S’il ne voit d’abord pas beaucoup de combats, Lawson excelle encore et devient adjudant. Il participe ensuite à la meurtrière Bataille de la Somme en 1916 où il reçoit la « Croix de Guerre » — une médaille attribuée pour toute conduite exceptionnelle durant la guerre. Après la Somme, Lawson participe ensuite à différentes batailles en tant qu’agent de liaison : à la côte 70, à Passchendaele et à Cambrai.

Après la Grande Guerre

Lawson est un militaire de carrière et reste au sein de l’armée canadienne après la guerre. Il fait ainsi ses classes d’officiers pour devenir lieutenant. Cependant, faute d’opportunités professionnelles, l’homme d’armée commandera peu de troupes durant cette période. Il est déplacé un peu partout au Canada pour différents postes, mais sa carrière stagne. S’il obtient éventuellement une troupe sous sa charge à Toronto, en 1937, il se rend rapidement compte que l’entre-deux-guerres affecta grandement la rigueur de l’entraînement des soldats qui se trouvent très peu préparés à une guerre potentielle.

C’est en 1930 qu’il se marie à sa femme, Augusta Hawkesworth Wilson, et le couple aura deux enfants. Peu d’informations existent sur la vie de famille de Lawson. Cependant, la vie de militaire étant ce qu’elle est, il est possible que sa famille l’ait suivi à chacun de ses postes. L’un de ses fils, John Lawson, s’enrôlera éventuellement dans l’armée à son tour, mais n’admettra n’avoir que très peu de souvenirs de son père.

John K. Lawson (à droite) rencontre le général des forces alliées Christopher Maltby (à gauche) à son arrivée à Hong Kong, 1941 (source : Australian War Memorial).

À Hong Kong

La pierre tombale de John K. Lawson au cimetière militaire de Sai Wan à Hong Kong (source : Wiki Commons).

Lorsque le Canada déclare la guerre à l’Allemagne, en 1939, Lawson est à l’hôpital pour des problèmes de santé. Il manque alors l’opportunité d’être envoyé en Europe. Après être sortie de l’hôpital, Lawson est chargée d’entraîner des milliers d’hommes pour la guerre en Europe — à ce moment, la France venait de tomber.

En septembre 1941, Lawson est sélectionné pour conduire deux bataillons canadiens dans une mission de garnison « top secret ». En tant que commandant de la mission, Lawson monte au grade de brigadier.

Durant la bataille, le commandant des forces alliées, le général Christopher Maltby, organise les troupes en deux groupes défensifs : la brigade de l’est et celle de l’ouest. Lawson est à la tête de cette dernière et commande alors les Winnipeg Grenadiers, les Royal Scots et le régiment des Punjab. Le 19 décembre, sa position est entourée par l’armée japonaise. À ce moment, l’abri où Lawson et son équipe se trouvaient était inadéquat pour les protéger de tirs d’artilleries ou d’armes lourdes. Soumis à des tirs nourris de la part de l’ennemie, Lawson n’avait probablement pas d’autres choix que de sortir et d’évacuer sa position. De fait, la dernière transmission qu’il fit à l’État-Major fut qu’il allait « sortir pour se battre [contre l’ennemie] » (traduction libre).

Personne n’a vu Lawson tombé aux combats, mais son corps fut trouvé quelques heures plus tard. Selon la Hong Kong Veteran Commemorative Association, Lawson aurait été trouvé avec une blessure sur la cuisse droite, signifiant qu’il serait probablement décédé par hémorragie.

Sa mémoire

Fait étonnant compte tenu le contexte de la bataille : Lawson aurait été enterré dignement par les Japonais. Il est possible que sa sortie finale contre eux, alors que la bataille était perdue d’avance, les impressionnât et qu’ils voulussent honorer sa mémoire en concordance. De fait, jusqu’en 1945, son corps fut enterré au col de Wong Nai Chong, où plusieurs Canadiens combattirent les Japonais durant de longs jours. Après la guerre, la sépulture de Lawson fut transférée au cimetière militaire de Sai Wan, parmi les autres défunts de la Force C.

Cela prit des années avant qu’il ne soit reconnu. En 2005, une plaque fut érigée à Sai Wan en son honneur. Au sein de l’armée canadienne, Lawson fut reconnu comme un homme de peu de mots, mais avec énormément de professionnalisme et d’assiduité à son travail. Du début à la fin, ce fut un homme dévoué pour son pays.

Article rédigé par Julien Lehoux pour Je Me Souviens.

Sources :