Les Rangers canadiens

Saviez-vous qu'il existe en fait une unité de l'armée canadienne composée de plus de 60 % de personnes autochtones ?

Nous avons écrit des articles sur les extraordinaires soldats autochtones de la Première et de la Seconde Guerre mondiale mais il y a aussi des milliers de soldats autochtones qui sont aujourd’hui des membres fiers et actifs des Forces armées canadiennes.

Saviez-vous qu’il existe en fait une unité de l’armée canadienne composée à plus de 60 % de personnes autochtones ? Les Rangers canadiens représentent l’armée canadienne dans les régions nordiques et côtières isolées du Canada et ils tirent leurs rangs des populations locales, notamment des Inuits, des Dénés, des Cris, des Anishinaabe, des Métis et d’autres qui vivent dans les régions les plus reculées du pays.

Les Rangers ont été fondés pendant la Seconde Guerre mondiale pour protéger les régions éloignées de la côte ouest du Canada contre une éventuelle attaque des Japonais. Pendant la guerre ils étaient connus sous le nom de Pacific Coast Militia Rangers et tous les membres, jusqu’à 15 000 hommes à un moment donné, étaient des volontaires. Ils ont fourni des renseignements sur les attaques de ballons japonais en 1944 et 1945 et ont contribué à donner un sentiment de sécurité aux populations locales.

Le programme a été dissous après la guerre mais il a été relancé et étendu en 1947 avec le début de la guerre froide. Le gouvernement canadien a reconnu qu’il était important de maintenir et d’affirmer la souveraineté canadienne dans l’Arctique, en particulier avec les voisins soviétiques qui se disputent son contrôle. Les Rangers sont devenus les yeux et les oreilles de l’armée canadienne dans une région où la construction de bases militaires était peu pratique et d’un coût prohibitif. Pourquoi construire une base militaire alors qu’il y a déjà des gens sur le sol qui connaissent le terrain mieux que n’importe quel soldat du Sud ?  L’armée canadienne assure une certaine formation aux Rangers, leur fournit des fusils et des munitions mais elle s’appuie également sur leurs connaissances locales et traditionnelles et les valorise.

Les Rangers canadiens avec leur fusils Lee Enfield. Domaine publique.

Bien qu’ils fassent partie des forces armées canadiennes, les Rangers ne suivent pas toutes les structures, hiérarchies et procédures militaires habituelles. Au contraire, les Rangers sont structurés de manière à respecter la communauté locale et ses normes culturelles. Les connaissances autochtones sont encouragées et valorisées et les Rangers consultent souvent les aînés de la communauté pour les décisions importantes. Les instructeurs et les officiers de liaison des forces régulières ou des réserves respectent et suivent ces normes lorsqu’ils s’entraînent avec les Rangers. La « formation » est en fait un échange de connaissances car les Rangers enseignent également au personnel du Sud des connaissances traditionnelles qui peuvent les aider à survivre dans des conditions difficiles.

Aujourd’hui, les Rangers sont composés d’environ 5000 hommes et femmes issus de communautés du nord. En plus de maintenir la souveraineté canadienne dans les régions éloignées, les Rangers patrouillent et surveillent des zones stratégiques d’intérêt international comme le passage du Nord-Ouest. Ils apportent également des connaissances et une expérience importantes dans les missions de recherche et de sauvetage et sont des acteurs clés dans les secours en cas de catastrophes, des inondations aux avalanches. Les Rangers reçoivent des chandails rouges emblématiques et portent des fusils Lee Enfield, qui, bien que datant de la Seconde Guerre mondiale, sont résistants et efficaces par temps froid !

Si vous voulez en savoir plus sur les Rangers, il y a une émission de télévision intitulée Watchers of the North qui pourrait vous intéresser. Consultez leur site web ici !